[Intro] [Une guitare en nylon descend lentement tandis que le violoncelle tient une note grave.] [Verse 1] Nous sommes les fenêtres des maisons alignées, Les carrés de lumière au-dessus des pavés. Nous avons vu des repas, des naissances, des départs, Des rideaux qu’on referme après un mot trop tard. Ce soir nous te regardons marcher sous nos balcons, Le téléphone serré au fond de ton blouson. Tu lèves parfois les yeux vers nos chambres dorées, Comme si l’une de nous pouvait te la montrer. [Chorus] Les fenêtres s’éteignent, une à une, ce soir, Chaque rectangle d’or retourne dans le noir. Les fenêtres s’éteignent, mais tu restes dessous, Avec un nom brillant sur l’écran contre ta joue. La ville ferme les yeux sans répondre à tes signes, Une à une, ce soir, les fenêtres s’éteignent. [Verse 2] Au quatrième, un homme débarrasse son couvert, Plus haut, une enfant laisse son dessin ouvert. Une femme tire un store, un chat quitte le bord, La vie continue ici sans demander ton accord. Ton pouce cherche un contact, s’arrête sur son prénom, Le numéro est intact, mais rien ne t’y autorise. Tu voudrais seulement entendre un « allô » familier, Mais ce simple appel rouvrirait ce qui cicatrise. [Chorus] Les fenêtres s’éteignent, une à une, ce soir, Chaque rectangle d’or retourne dans le noir. Les fenêtres s’éteignent, mais tu restes dessous, Avec un nom brillant sur l’écran contre ta joue. La ville ferme les yeux sans répondre à tes signes, Une à une, ce soir, les fenêtres s’éteignent. [Bridge] Nous ne savons pas si elle dort ou si elle veille, Si une autre rue reçoit maintenant son réveil. Mais aimer son souvenir ne t’accorde aucun droit D’ouvrir une porte qu’elle a refermée sur toi. [Instrumental Break] [Le violoncelle et l’accordéon échangent le motif pendant que la guitare maintient le pouls.] [Final Chorus] Les fenêtres s’éteignent, une à une, ce soir, Et tu ranges son nom sans composer le numéro. Les fenêtres s’éteignent, tu demeures dessous, Mais l’écran devient noir dans ta paume tout à coup. La ville ferme les yeux; tu respectes sa ligne, Une à une, ce soir, les fenêtres s’éteignent. [Reprise] Puis au bout de la rue, derrière un toit ancien, Une fenêtre pâlit de la couleur du matin. [Outro] Nous sommes les fenêtres. Nous gardons tous les soirs. Mais nous ne sommes pas elle. Continue sans savoir.